Culture en Dordogne : dans « Cònsolo », il cuisine sur scène pour faire vivre les traditions italiennes

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Et si un simple plat de pâtes pouvait raconter toute une mémoire familiale ? À Boulazac-Isle-Manoire, le spectacle Cònsolo transforme la cuisine en scène vivante. On y parle de deuil, de tradition, de transmission. Et surtout, on y cuisine vraiment, sous les yeux du public.

Un spectacle qui part d’un geste très simple

Dans le Sud de l’Italie, un cònsolo est un repas offert aux familles endeuillées par les amis et les voisins. Ce n’est pas seulement de la nourriture. C’est une présence. Un soutien. Une façon de dire que personne ne doit rester seul dans les moments difficiles.

C’est ce mot fort, chargé d’humanité, que Daniele De Michele a choisi pour son spectacle. Jeudi 23 et vendredi 24 avril, au Cube Cirque, il propose une forme artistique rare. Il parle, il raconte, il pétrit, il cuisine. Et peu à peu, il fait remonter tout un monde oublié.

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Daniele De Michele, entre cuisine, mémoire et spectacle vivant

Daniele De Michele n’est pas seulement un artiste. Il est aussi économiste et ethnologue de formation. Mais surtout, il vient d’une histoire familiale très concrète. Sa grand-mère, nonna Chiarina, lui a appris très tôt que préparer un repas est un acte important. Pas un détail du quotidien. Un vrai lien entre les gens.

Avec le temps, il a vu ces gestes disparaître. Les recettes changent. Les habitudes aussi. Alors il s’est posé une question simple, presque dérangeante : est-ce cela, le progrès, manger moins bien ? Cette phrase résume bien l’esprit du spectacle. Elle pique un peu. Elle oblige à réfléchir.

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Une recette authentique préparée sur scène

Sur scène, Daniele De Michele prépare une pasta al sugo, con le polpette. En français, cela donne des pâtes à la sauce tomate avec des boulettes de viande. Un plat de grand-mère, réconfortant, généreux, presque impossible à regarder sans avoir faim.

La recette n’est pas jouée. Elle est réelle. La farine est pétrie. La pâte est travaillée. La sauce vient d’un paysan de la région de Naples. Rien n’est laissé au hasard. Ce choix donne au spectacle une force particulière. Il ne parle pas seulement de cuisine. Il montre un mode de vie.

Les ingrédients de base du plat présenté

  • 500 g de farine
  • 4 œufs
  • 1 pincée de sel
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 700 g de sauce tomate
  • 400 g de viande hachée
  • 1 oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 1 bouquet de basilic
  • Sel et poivre selon le goût

Des étapes simples, comme dans une vraie cuisine de famille

  • Mélanger la farine, les œufs, le sel et l’huile d’olive.
  • Pétrir la pâte pendant 10 minutes jusqu’à ce qu’elle devienne souple.
  • Former des boulettes avec la viande, l’oignon haché, l’ail, le sel et le poivre.
  • Faire chauffer la sauce tomate dans une grande casserole.
  • Ajouter les boulettes et laisser mijoter 25 minutes à feu doux.
  • Cuire les pâtes dans une grande quantité d’eau salée pendant 8 à 10 minutes.
  • Mélanger les pâtes avec la sauce et ajouter le basilic juste avant de servir.
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Un voyage en Italie à travers les voix des grands-mères

Le spectacle ne se contente pas de montrer une recette. Daniele De Michele raconte aussi ses souvenirs, ses rencontres, ses observations de terrain. Pendant dix ans, il a parcouru l’Italie pour filmer des grands-mères en cuisine. Ce travail donne au projet une profondeur très touchante. On n’est pas dans le folklore vide. On est dans la vie réelle.

Des images d’archives, des vidéos de sa nonna et d’autres femmes de sa génération apparaissent aussi au fil de la représentation. Cela crée un mélange surprenant. Il y a du théâtre, du documentaire, de la musique rock, et une vraie chaleur humaine. C’est un ensemble vivant, parfois drôle, parfois grave. Mais jamais froid.

Pourquoi cette tradition parle encore à notre époque

On pourrait croire que ce sujet ne concerne que l’Italie rurale. Ce serait une erreur. La perte des gestes culinaires touche beaucoup de familles, partout. On mange plus vite. On achète plus souvent des produits tout prêts. On prend moins de temps pour transmettre. Et petit à petit, les recettes deviennent de simples noms sur un carnet.

Cònsolo rappelle que cuisiner, c’est aussi prendre soin. C’est regarder l’autre. C’est partager du temps. Dans un monde pressé, ce message a quelque chose de presque radical. Il ne crie pas. Il touche juste.

Une soirée conviviale à Boulazac-Isle-Manoire

Le rendez-vous a lieu au Cube Cirque, à la plaine de Lamoura, dans le cadre de la saison de l’Agora. La soirée se déroule de 19 heures à 22 heures. Et après le spectacle, les spectateurs sont invités à passer à table. Le repas italien est préparé par la cheffe Marie Dalbavie.

Le prix varie de 20 à 30 euros, repas compris. Les réservations se font au 05 53 35 59 65 ou sur le site agora-boulazac.fr. L’idée est simple. Vous venez pour un spectacle. Vous repartez avec une histoire, un parfum de tomate, et peut-être l’envie de cuisiner autrement chez vous.

Un spectacle qui laisse une trace

Ce qui marque dans Cònsolo, c’est ce mélange rare entre émotion et simplicité. On ne vous donne pas une grande leçon. On vous invite à regarder un geste ancien avec des yeux neufs. Pétrir. Couper. Faire mijoter. Partager. Ces actions ordinaires deviennent soudain très précieuses.

Et c’est peut-être cela, la vraie force du spectacle. Il montre qu’un plat peut porter une mémoire. Qu’une cuisine peut devenir un lieu de transmission. Et qu’un repas, même très simple, peut parfois réparer un peu le monde.

Fabien Henry
Fabien Henry

Je travaille sur la restauration et les produits italiens depuis Lyon apres un BTS hotellerie-restauration obtenu a l'Institut Paul Bocuse. J'ecris surtout sur les tables de quartier, les cartes bien pensees et l'actualite culinaire. J'aime les choses nettes dans l'assiette comme dans les mots.

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